La Convention internationale des droits de l'enfant expliquée aux enfants

Tu entends souvent parler de la Convention Internationale des Droits de l'Enfant sans forcément savoir de quoi il s'agit. 

Ce texte à été adopté par l'Assemblée Générale des Nations Unies le 20 novembre 1989. C'est pour cela que, depuis, le 20 novembre est la journée internationale des droits de l'enfant. 

Ce texte a été écrit par des adultes. Il est donc parfois un peu compliqué, un peu difficile à comprendre. Nous avons donc essayé de te le présenter avec des mots plus simples, afin que tu saches bien de quoi il s'agit. 

Ce texte a été écrit pour tous les enfants du Monde. C'est pourquoi il y a des choses qui risquent de te surprendre, parce que tu ne les vis pas dans le pays où tu es. Mais, malheureusement, d'autres enfants les connaissent. 

Et n'oublies pas que, si cette convention te donne des droits, elle t'impose aussi des devoirs : ta liberté s'arrête où commence celle des autres. Tu dois respecter les droits et les libertés des autres et tu ne peux pas, dans l'exercice de tes droits, mettre la société en danger. 

La Convention a été imaginée pour protéger les droits des enfants dans le monde et améliorer leurs conditions de vie.


Article 1 – La définition de l’enfant

La Convention concerne tous les enfants. Si tu as moins de 18 ans, pour la Convention, tu es un enfant et tu es donc protégé. 


Article 2 – Le droit à la non-discrimination

Cette convention doit être appliquée à tous les enfants sans aucune discrimination. Une discrimination, c'est une différence. Ainsi :

– Tu as le droit au respect, que tu sois une fille ou un garçon, et quel que soit ton état de santé, ton origine ethnique (pays) ou sociale (ce que font tes parents), ta langue, ta religion, tes opinions et ta nationalité.

– Tu as le droit à l’égalité, c’est-à-dire que les pays doivent respecter et protéger tes droits au même titre que tous les autres enfants.


Article 3 – Le droit au bien-être (ce qui fait que tu te sens bien) 

Toutes les décisions qui te concernent doivent prendre en compte ton intérêt. 

Les pays doivent te protéger et assurer ton bien-être si tes parents ne peuvent pas le faire pour toi.

Les pays doivent veiller à ce que toutes les institutions chargées de ton bien-être (école, police,…) t’aident et te protègent efficacement.


Article 4 – Le droit d’exercer tes droits

Les pays doivent tout faire pour te permettre d’exercer les droits qui te sont donnés par la Convention.


Article 5 – Le droit d’être guidé par tes parents

En premier lieu, ce sont tes parents qui ont le droit et même le devoir de te guider, te donner des conseils pour t'aider à grandir le mieux possible et exercer tes droits. 


Article 6 – Le droit à la vie et au développement

Comme tout être humain, tu as le droit à la vie et de ne pas être tué.
Et le pays dans lequel tu es doit veiller à ta survie en t’apportant tout ce dont tu as besoin pour ton développement.

 
Article 7 – Le droit à un nom et à une nationalité

Dès ta naissance, tu as le droit d’avoir un nom, un prénom et une nationalité. Ta nationalité te permet d’être accueilli et protégé par un pays. Tu as aussi le droit de connaître tes parents et de vivre avec eux.

 
Article 8 : Le droit à la protection de ton identité

Les pays doivent protéger ton identité. Ils doivent t’aider à ne pas perdre ton nom, ton prénom, ta nationalité et tes relations avec tes parents. Et, ils doivent t'aider à les récupérer si tu en es privé.

 
Article 9 – Le droit de vivre avec tes parents

Tu as le droit de vivre avec tes parents, sauf bien-sûr si c’est contraire à ton intérêt et ton bien-être (notamment si tu es victime chez eux ou de leur part de maltraitance, de négligence, etc.)

Si tes parents se séparent, tu as le droit de donner ton avis pour les décisions te concernant lors de leur séparation. Attention, une séparation reste quand même un problème qui concerne tes parents. Il n'est pas question ici de les empêcher de se séparer. 

Si tu es séparé de tes parents, tu as le droit de les voir régulièrement, sauf, encore une fois, si c’est contraire à ton intérêt et ton bien-être.

Tu as le droit de savoir où sont tes parents, (s’ils sont en prison, par exemple), sauf, toujours, si c’est contraire à ton intérêt et ton bien-être.


Article 10 – Le droit de retrouver ta famille

Si tu es dans un autre pays que tes parents, tu as le droit de quitter ce pays pour aller retrouver tes parents. Tes parents ont le même droit. Attention, pas de fugue, pas de disparition. C'est un droit. Tu dois donc demander qu'il soit appliqué. 

 
Article 11 – La protection contre ton enlèvement et ton déplacement vers un autre pays

Les pays doivent te protéger contre les risques d’enlèvement et de déplacement vers un autre pays.

En cas d’enlèvement, pour assurer ton retour auprès de tes parents, les pays doivent coopérer et travailler ensemble.

 
Article 12 : Le droit à la liberté d’opinion

Dès que tu es en âge d’avoir ta propre opinion, tu as le droit de donner ton avis sur toutes les décisions qui te concernent. Les adultes ont le devoir de t'écouter. 

Les pays, quant à eux, doivent veiller à ce que ton opinion soit prise en compte pour toutes les décisions importantes qui te concernent. 

 
Article 13 – Le droit à la liberté d’expression

Tu as le droit d’exprimer librement ton opinion. Tu as aussi le droit de rechercher et de recevoir des informations et de les retransmettre.

Toutefois, comme toutes les libertés, celles-ci ont leurs limites :

- Tu dois respecter les droits et la réputation des autres.

- Tu dois respecter la société.

 
Article 14 – Le droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion

Tu as droit à la liberté de pensée et de conscience, et tu peux pratiquer une religion.

Tes parents ont le droit et le devoir de te guider dans l’exercice de ce droit, en fonction de ton âge et de tes capacités.

Toujours les mêmes limites : libertés et droits des autres ET respect de la société. 


Article 15 – Le droit à la liberté d’association

Tu as le droit de créer des groupes avec d’autres enfants ou même des adultes. Tu peux participer à des réunions sur des sujets ou des activités qui t’intéressent. En respectant toujours les mêmes limites.

 
Article 16 – Le droit à la protection de ta vie privée

Personne n’a le droit d’intervenir, sans raison légale, dans ta vie privée, c’est-à-dire ta vie avec tes parents et ton intimité. Ta maison, ton courrier, ce qu'il y a sur ton téléphone ta réputation font partie de ta vie privée.

 
Article 17 – Le droit à l’information

Tu as le droit de recevoir des informations (médias) diversifiées et justes :

Les pays doivent veiller à ce que les médias (radios, télévisions, journaux...) transmettent aux enfants des informations utiles ;

Ils doivent favoriser le développement des connaissances et la compréhension des autres cultures ;

Ils doivent encourager la production de livres pour les enfants ;

Ils doivent encourager les médias à prendre en compte la culture et la langue des enfants venant de groupes minoritaires ;

Les pays doivent te protéger contre les informations qui pourraient être contraires à ton intérêt et ton bien-être. C'est pour cela par exemple que certains programmes sont interdits au moins de 10 ans, ou au moins de 16 ans. 

 
Article 18 – La responsabilité de tes parents

Tes parents t'élèvent et veillent à ton bon développement, aidés par les pays qui doivent créer des institutions et des services chargés de veiller à ton intérêt et ton bien-être. 

 
Article 19 – Le droit d’être protégé contre les mauvais traitements

Les pays doivent te protéger contre toutes les formes de mauvais traitements, que tu sois sous la garde de tes parents ou de toute autre personne. Tu as le droit d’être protégé contre la violence, l’abandon, la négligence, l’exploitation et la violence sexuelle.

 
Article 20 – Le droit à une protection même si tu n’as pas de famille

Si tu n’as plus de famille, ton pays doit te protéger et veiller sur toi. Il t’apportera une protection de remplacement pour que tu ne sois pas seul en tenant compte de ton passé et de ta culture.

 
Article 21 – Le droit à l’adoption

Ton adoption ne sera autorisée que si elle favorise ton bien-être. Elle doit être acceptée et autorisée par les personnes qui veillent sur toi.

Tu peux être adopté et partir dans un autre pays que le tien, si c’est la meilleure solution pour toi. Tu devras alors avoir les mêmes droits que si tu avais été adopté dans ton pays d’origine.

Ton adoption ne doit pas être une occasion de faire gagner de l’argent à quelqu'un. 

 
Article 22 – Les droits de l’enfant réfugié (c'est une personne qui est obligée de quitter son pays pour survivre, par exemple si son pays est en guerre) 

Si tu es contraint de quitter ton pays, tu as le droit d’être considéré comme réfugié. Tu seras protégé par le droit international (des lois communes à tous les pays), et par cette Convention, que tu sois seul, avec tes parents ou d’autres adultes.

Les pays et les organisations internationales devront t’aider et veiller sur toi. Ils devront t’aider à