Quand on est parent, on veut forcément le meilleur pour nos enfants. Le meilleur pour l'avenir mais aussi, le meilleur pour l'instant présent. On veut qu'ils grandissent dans la sérénité, qu'ils vivent leur vie d'enfant. Mais surtout, ce que nous voulons plus que tout, c'est qu'on ne leur fasse pas de mal.

Malheureusement, c'est compliqué, voire impossible d'empêcher un monstre de s'en prendre à un enfant, compliqué d'empêcher un harcèlement à l'école, un racket, des violences. Surtout que, l'emprise des agresseurs est parfois telle qu'il est souvent impossible pour l'enfant de verbaliser le mal qu'on lui fait.

Mon frère me violait et j'espérais plus que tout une main tendue pour qu'on me sorte de ses griffes. Mais j'étais incapable d'appeler à l'aide. J'essayais d'envoyer des petits signes pour que quelqu'un comprenne que quelque chose se passait… Personne n'a jamais compris. Parfois, l'inconscient se charge d'émettre des signaux. Savons-nous les reconnaître ?

Il n'y a malheureusement pas un catalogue fixe et parfaitement défini de signes que les enfants peuvent faire pour nous alerter. Surtout que, selon l'âge, les marqueurs sont différents. Et, quand on les remarque, on les attribue à autre chose : Ça vient sûrement de l'adolescence. Ou bien, on se dit que c'est notre divorce qui les tracasse… Bref, il y a toujours une raison pour que ce soit autre chose. Pour ma mère, je devais couver une angine, un rhume. J'ai très certainement eu le rhume le plus long de l'histoire.

Plus sérieusement, moi qui étais enjoué, et sociable, j'ai commencé à me renfermer, à m'isoler. Plus généralement, tout changement brutal dans leur comportement, dans leurs attitudes, leurs notes, leurs patiences, tout changement doit nous interroger. D'autres signaux doivent nous alerter : angoisse et honte, perte de confiance en soi, refus de changer de vêtements ou de se laver ( l'inverse, la propreté compulsive, est aussi un signe). Le rapport à son corps est un message. Le mien me faisait honte et me mettre en maillot de bain, pour les cours de piscine avec les autres… absolument inenvisageable !

Il y a aussi parfois une sorte de fuite dans un comportement régressif, comme pour redevenir petit enfant et ne plus être victime. Même dans un environnement connu, l'enfant ne va pas se sentir en sécurité. Il sera toujours en alerte, sursautera au moindre bruit anormal. Tous les comportements pour attirer l'attention doivent vraiment… attirer l'attention. Mentir pour qu'on s'intéresse à eux, manger moins, se bagarrer souvent. Et, de façon plus excessive : fumer très jeune, s'automutiler, sécher les cours, boire beaucoup et parfois jusqu'au coma éthylique…

Fondamentalement, je ne pense pas qu'il existe des enfants difficiles. Il n'y a, pour moi, que des enfants qui vivent des situations difficiles et qui essaient, à leur manière, et sans avoir la force de le dire, de nous faire comprendre que quelque chose ne va pas. Ne soyons pas aveuglés par des idées préconçues. Envisageons toujours le pire. Acceptons qu'ils puissent être victimes. Tendons-leur la main qu'ils attendent sans doute, puisqu'ils envoient ces signes.

Mais, je sais : l'équilibre est fragile. Car nous devons aussi les laisser vivre leur vie d'enfants, d'adolescents. Respectons leur temps. Aidons-les à se (re)construire. C'est finalement là tout notre rôle résumé !

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